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Glaucome, comprendre la perte du champ visuel : simulation devant la cathédrale de Strasbourg avec Eyes Reality, en vision normale puis aux stades débutant (réduction de la vision périphérique), modéré (champ visuel plus réduit) et avancé (vision en tunnel).

Glaucome : symptômes, formes, dépistage et simulation en vidéo

Avec 80 millions de personnes concernées en 2020, le glaucome est la deuxième cause mondiale de cécité après la cataracte. Il se caractérise par une lésion du nerf optique qui entraîne une diminution progressive du champ visuel. Indolore, la maladie se manifeste assez tard par une gêne visuelle ressentie dans les activités de la vie quotidienne et les déplacements.

Les formes de glaucome

Le glaucome est une neuropathie de l’œil chronique, caractérisée par la perte progressive des fibres du nerf optique. Il entraîne un rétrécissement croissant du champ de la vision de la périphérie vers le centre, pouvant conduire à une cécité irréversible. Selon le type de glaucome, l’évolution de la maladie peut être différente.

Le glaucome à angle ouvert

Le glaucome à angle ouvert est la forme la plus fréquente de la pathologie, avec une évolution chronique et silencieuse. Dans ce type de glaucome, l’écoulement du liquide circulant dans la partie antérieure de l’œil, appelée humeur aqueuse, est perturbé. Le trabéculum, sorte de filtre situé entre l’iris et la cornée, par lequel ce liquide est évacué, perd de sa perméabilité et se bouche progressivement, endommageant ainsi le nerf optique par l’augmentation de la pression intraoculaire.

Le glaucome à angle fermé

Le glaucome à angle fermé est moins fréquent, mais il peut évoluer de manière brutale vers la cécité.

La fermeture de l’angle irido-cornéen bloque l’évacuation de l’humeur aqueuse. Le drainage ne se fait plus correctement, élevant la pression intraoculaire. Les personnes qui présentent une caractéristique oculaire anatomique ou physiopathologique, comme un œil trop petit, sont prédisposées à développer ce type de glaucome. 

Des glaucomes dits secondaires apparaissent lorsqu’il y a une atteinte autre du trabéculum comme un traumatisme oculaire, une malformation, une inflammation intraoculaire, une pathologie rétinienne, une tumeur…

Voir ce que voit une personne atteinte de glaucome

Le glaucome ne fait pas mal, et ses premiers effets passent inaperçus. La vision se réduit d’abord sur les côtés, et le cerveau compense. Pour rendre cette perte visible, nous l’avons filmée avec Eyes Reality, notre simulateur de déficience visuelle en réalité augmentée, en trois stades : débutant, modéré puis avancé.

Au stade avancé, le champ de vision se resserre comme dans un tunnel. La personne peut encore lire ce qui se trouve droit devant elle, mais elle ne voit plus un obstacle posé sur le côté, ni quelqu’un qui arrive de biais. C’est ce qui explique des situations souvent mal comprises par l’entourage.

Retrouvez nos autres simulations, dont le daltonisme et la DMLA, dans notre playlist YouTube.

Les symptômes du glaucome

Au début, le glaucome à angle ouvert, la forme la plus fréquente, ne provoque ni douleur ni gêne. Quand des symptômes apparaissent, la maladie est souvent déjà avancée : un brouillard visuel intermittent, ou une baisse de la vision sur les côtés, alors que la vision centrale reste normale.

L’entourage remarque parfois les signes avant la personne elle-même. Elle peut par exemple :

  • devenir maladroite ou irritable ;
  • ne plus retrouver ses objets, ou ne plus reconnaître les personnes qu’elle croise ;
  • ne plus sortir ou ne plus conduire la nuit ;
  • limiter ses activités, voire abandonner celles qu’elle aimait.

Ces changements doivent conduire à consulter un ophtalmologiste.

Le glaucome aigu par fermeture de l’angle, plus rare, survient brutalement : l’œil devient douloureux et rouge. C’est une urgence. Il faut consulter immédiatement un ophtalmologiste ou se rendre aux urgences.

Le dépistage du glaucome

Au vu de l’absence de symptômes dès l’apparition de la maladie, beaucoup de personnes ignorent qu’elles sont atteintes. C’est pourquoi le dépistage du glaucome est recommandé dès l’âge de 40 ans, surtout si la personne présente des facteurs de risque.

Les examens de dépistage

Si le dépistage est réalisé assez tôt, il y aura moins de risque de perte du champ visuel. Le dépistage se fait chez l’ophtalmologue qui va examiner le nerf optique, mesurer la tension oculaire et l’épaisseur de la cornée. Si un doute survient, des examens complémentaires seront réalisés : scanner du nerf optique, champ visuel et OCT. Les résultats de ces analyses permettront de définir le stade du glaucome et son évolution. 

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Les facteurs de risque

Des personnes sont plus prédisposées à développer un glaucome selon leur profil. 

Le facteur de risque majeur du glaucome est l’hypertonie oculaire, c’est-à-dire une variation importante du niveau de pression intraoculaire.

L’hypertension artérielle, des troubles de la régulation vasculaire ou une maladie cardiovasculaire peuvent aggraver l’atteinte du nerf optique. Il faut donc être particulièrement vigilant devant une personne présentant ces risques vasculaires.

Le risque de glaucome est multiplié par trois en cas d’antécédents familiaux, d’où l’importance du dépistage précoce pour ces patients.

Quant au critère d’âge, il est évidemment à prendre en compte car, même si le glaucome peut apparaître à tous les âges de la vie, il s’agit d’une maladie dégénérative oculaire dont la fréquence augmente avec l’âge.

Pour en savoir plus, consultez le dossier sur le glaucome du site de l’Assurance Maladie.

Une patiente installée devant un appareil d'examen de la vue, pendant qu'un ophtalmologiste règle un autre appareil à côté d'elle.

La prise en charge des patients porteurs d’un glaucome

À ce jour, aucun traitement ne permet de guérir du glaucome. Cependant, certaines prises en charge médicales permettent de stabiliser la maladie et retarder son évolution. 

La prise en charge en réadaptation

Lorsqu’il subsiste des complications dans la vie quotidienne, dues à une atteinte importante du champ visuel, des équipes pluridisciplinaires peuvent prendre en charge les patients, en lien avec le corps médical, afin de les aider dans l’amélioration de leur environnement.

Des moyens de réadaptation seront proposés :

  • séances d’orthoptie,
  • ergothérapie,
  • locomotion,
  • informatique

Ce travail permettra au patient d’améliorer sa vie quotidienne et ses déplacements afin de mieux vivre avec sa déficience visuelle.

Le glaucome est donc une maladie dégénérative oculaire qui peut, selon sa forme, conduire à la cécité.

Plus la maladie est diagnostiquée tôt, plus les traitements ont de chances de ralentir son évolution.

D’où l’importance d’un dépistage précoce, surtout si la personne présente des facteurs de risque.

Pour en savoir plus, lisez notre article sur la rééducation basse vision.

Vivre avec un glaucome : comment CFLOU peut vous aider

Quand le champ visuel se réduit, des aides techniques et quelques adaptations du quotidien peuvent faciliter la lecture et les déplacements. Nos conseillers basse vision vous aident à choisir des solutions adaptées à votre vision et à vos habitudes, au 03 88 01 24 55.

Au travail, nous réalisons des études et des aménagements de poste. Et pour aider vos proches ou vos collègues à comprendre ce que vous vivez, nous proposons des sensibilisations au handicap visuel avec Eyes Reality.

Questions fréquentes sur le glaucome

À quel âge apparaît le glaucome ?

Le glaucome survient en général à partir de 40 ans, et sa fréquence augmente avec l’âge : il touche 1 à 2 % des personnes de plus de 40 ans, et environ une personne sur 10 après 70 ans. Il existe aussi des formes rares chez l’enfant. C’est pourquoi il est conseillé de faire contrôler ses yeux régulièrement dès 40 ans, et plus encore en cas d’antécédents familiaux.

Hypertension oculaire et glaucome, est-ce la même chose ?

Non. L’hypertension oculaire, aussi appelée hypertonie oculaire, correspond à une pression trop élevée à l’intérieur de l’œil, au-delà de 21 mmHg. C’est le principal facteur de risque du glaucome, mais toutes les personnes concernées ne développent pas la maladie. À l’inverse, certains glaucomes apparaissent avec une pression normale. Seul l’ophtalmologiste peut faire la différence, en examinant le nerf optique et le champ visuel.

Peut-on guérir du glaucome ?

Non. Les traitements permettent de stabiliser la maladie et de ralentir son évolution, mais la vision perdue ne se récupère pas. C’est tout l’intérêt d’un dépistage précoce.

Pour aller plus loin, consultez nos articles Maladie des yeux et Les recherches sur le glaucome avancent.

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