Les dalles de trottoirs qui parlent au malvoyant

Et si les trottoirs “parlaient” aux non-voyants ? Les dalles tactiles.

À Lima (Pérou), Cemento Sol a déployé des dalles de béton tactiles qui signalent les commerces et lieux utiles aux […]

À Lima (Pérou), Cemento Sol a déployé des dalles de béton tactiles qui signalent les commerces et lieux utiles aux personnes malvoyantes (épicerie, restaurant, pharmacie, banque, hôpital…). Un effleurement de canne suffit pour s’orienter. Le dispositif a déjà couvert ~75 000 m² et bénéficie à ~500 000 personnes. Le design (breveté) est partagé en open-source, ouvrant la porte à des déploiements ailleurs. En France, ce type d’aménagement complèterait parfaitement nos contrastes au sol, parcours piétons lisibles et actions de sensibilisation. Chez CFLOU, notre retour d’usage montre qu’un repère tactile simple peut vraiment améliorer repères, confiance et autonomie.

Pour une personne malvoyante, l’espace public n’est pas seulement un chemin : c’est un système d’indices (contrastes, textures, repères sonores) qui permettent d’anticiper, de s’orienter et de sécuriser ses déplacements.
Le problème ? La majorité des trottoirs restent muets : peu d’indices tactiles et visuels, informations éparses, signalétique pas toujours homogène.

C’est précisément là qu’intervient l’initiative SightWalks de Cemento Sol (Lima, Pérou) : intégrer l’information utile directement dans la dalle.

Dalles en béton indication pour malvoyant
Trottoir pour malvoyants

Comment fonctionnent ces dalles de béton “intelligentes” ?

  • Des pictogrammes en relief (textures/signes distinctifs) moulés dans la dalle.

  • Chaque motif correspond à un type de lieu : épicerie, restaurant, pharmacie, banque, hôpital, etc.

  • Mode d’usage : un léger effleurement de canne suffit pour identifier le motif → donc comprendre le commerce en face (ou à proximité immédiate).

  • Bénéfice : réduire le doute à l’approche d’un point d’intérêt et fluidifier la prise de décision.

Résultat : ~75 000 m² réaménagés et ~500 000 personnes concernées à Lima. Le design breveté est publié en open source, favorisant la diffusion.

Ce que cela change concrètement pour l’usager

  • Orientation plus rapide : la canne devient un lecteur d’informations.

  • Charge mentale réduite : moins d’hésitation devant une vitrine “anonyme”.

  • Sécurité : on anticipe au lieu de découvrir au dernier moment.

  • Continuité de parcours : les dalles se raccordent aux cheminements tactiles et bandes de guidage existantes.

Et chez nous ? Un levier low-tech, complémentaire et déclinable

En France, nous parlons de villes inclusives : ces dalles peuvent compléter utilement les solutions déjà en place.

Effet “système” recommandé :

  • Dalles tactiles d’identification des lieux clés ;

  • Contrastes au sol et pictos visibles pour la basse vision ;

  • Parcours piétons lisibles (continuité, éviter les obstacles temporaires) ;

  • Sensibilisation des équipes terrain & commerçants à la déficience visuelle ;

  • Tests avec usagers pour itérer (ce qui marche/ce qui gêne).

Dalle pour malvoyant et non-voyant restaurant
Dalle pour malvoyant et non-voyant banque
Dalle pour malvoyant et non-voyant pharmacie
Dalle pour malvoyant et non-voyant arrêt de bus
Dalle pour malvoyant et non-voyant hopital
Dalle pour malvoyant et non-voyant coiffeur
Dalle pour malvoyant et non-voyant supermarché

Pour aller plus loin

Chez CFLOU, nos retours et témoignages d’usagers malvoyants montrent qu’un simple repère tactile peut tout changer : orientation plus claire, confiance accrue, autonomie renforcée.
Imaginez cet impact multiplié en ville avec des dalles tactiles, complété par :

L’effet sur l’inclusion et l’autonomie des personnes malvoyantes et non-voyantes serait majeur.

Conclusion : une brique simple pour des villes vraiment inclusives

Les dalles tactiles de Lima montrent qu’une innovation simple peut changer l’expérience des personnes malvoyantes.
En combinant repères tactiles, contrastes et parcours lisibles, nous pouvons rendre nos trottoirs vraiment utiles — pas seulement praticables.

Et vous ? Favorable à l’idée de voir ces dalles dans votre ville ? Quel lieu baliser en premier : pharmacie, mairie, gare, hôpital… ?
Partagez vos priorités en commentaire et reliez cet article à vos équipes urbanisme / accessibilité.

FAQ

1) Ces dalles tactiles remplacent-elles les bandes de guidage ?
Non. Elles complètent le dispositif : les bandes de guidage aident à suivre un chemin, les dalles d’identification informent du type de lieu à l’approche.

2) Sont-elles utiles aussi pour la basse vision (et pas seulement la cécité) ?
Oui, si l’on ajoute des contrastes au sol et des pictos visibles. Le double codage (tactile + visuel) est clé.

3) Quels sont les coûts et contraintes ?
Ils varient selon la surface, le nombre de lieux à baliser, la coordination (collectivités, voirie, commerçants). Le low-tech limite la maintenance, mais il faut harmoniser la légende et prévoir l’entretien.

4) Pourquoi publier le design en open-source si c’est breveté ?
Pour accélérer l’adoption avec un cadre clair (réutilisation maîtrisée), éviter les “faux-amis” et assurer la cohérence des repères dans la ville.

 

5) Comment tester à petite échelle ?
Lancer un pilote dans un micro-secteur (ex. pharmacie + mairie + arrêt bus) avec retours d’usagers, puis étendre.

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