Comment aménager le poste de travail d’un déficient visuel ?

Si les aménagements varient bien entendu en fonction des besoins et des pathologies de l’individu, ceux que nous avons souhaité vous synthétiser ci-dessous sont des exemples d’ajustements souvent demandés par les employés aveugles ou malvoyants. Cependant, n’oubliez pas que le mieux est de réaliser une étude de besoin détaillée avec la personne atteinte d’une déficience visuelle.

Facilitez les déplacements autour du poste de travail

Un espace de travail dans lequel il est aisé de se déplacer est indispensable pour une personne non voyante, mais aussi malvoyante. Le désordre doit être évité, les allées doivent être dégagées afin de prévenir les accidents. De manière générale :

  • Mettez en place un éclairage adapté sur tout le parcours et un guidage visuel à la fois homogène et contrasté ;
  • Positionner le mobilier de façon à éviter les chemins de passage étroits, et éviter le reflet de la fenêtre sur l’écran d’ordinateur ;
  • Évitez les revêtements réfléchissants et le mobilier transparent ;
  • Adaptez le contraste des interrupteurs et des poignées de portes (en évitant le blanc sur fond blanc) ;
  • Dans les escaliers, placez une bande d’éveil à 50 cm de la première et de la dernière marche. Contrastez aussi chaque nez de marche et contremarche (dont la première et la dernière avec un contraste distinct des autres) et installez une main courante contrastée par rapport au mur.

Les documents et toute ressource doivent être bien organisés et accessibles sans difficulté.
Un bureau en L semble offrir une surface de travail confortable et un accès simplifié aux dossiers et au matériel de bureau. Le plus simple reste de demander à la personne concernée de vous aider à définir les aménagements qui faciliteront son quotidien.

Cela passe aussi par des détails, des petites attentions qui pourront faire toute la différence. Vous pouvez par exemple acheter des chemises multicolores et les étiqueter en gros caractères ou en braille.

En cas de difficultés pour se déplacer dans les parties communes, il est conseillé de faire appel à un instructeur en locomotion pour personnes déficientes visuelles (plus d’information sur le site de l’association AILDV).

Adaptez l’écran d’ordinateur

Un écran plus grand permet en toute logique à son utilisateur d’avoir un meilleur agrandissement du texte et, s’il est combiné avec un logiciel d’agrandissement et de reconnaissance optique de caractères (OCR), de modifier simultanément la disposition du texte et les contrastes des couleurs. En fonction du handicap visuel, et des besoins d’agrandissement, un grand écran ou même deux écrans peuvent donc être nécessaires.

Toutefois, ceux dont le champ visuel est restreint privilégient généralement un petit écran. Pensez à poser la question à la personne concernée afin de connaître ses préférences et de les prendre en compte dans l’aménagement de son poste de travail.

Pour finir, il existe des écrans spécifiques permettant de préserver le capital vue des déficients visuels, d’éviter les reflets et les éblouissements.

Des écrans anti-reflets pour protéger de la luminosité

Ces filtres d’écran astucieux réduisent la fatigue oculaire. Il est également judicieux de régler la couleur et le contraste de l’écran à l’aide du panneau de commande de l’écran ou dans les paramètres du système. Si la personne souffrant de déficience visuelle est sensible à l’éblouissement, à la luminosité et/ou aux contrastes marqués, vous devez absolument prendre en considération ce point.

Agrandissement et lecture d’écran

Windows et Mac intègrent des fonctions d’agrandissement et de lecture d’écran. Sous Windows, elles se nomment « Loupe » et « Narrateur ». Sous Mac, elles sont appelées « Zoom » et « VoiceOver ». L’activation de ces paramètres permet d’agrandir le texte, ce qui signifie que vous ne voyez plus l’intégralité de l’écran. La fenêtre d’affichage suit les mouvements de la souris ou du curseur de texte pendant que vous tapez.

Les possibilités de réglages sous Windows étant limités, il convient d’installer un logiciel d’agrandissement et de lecture d’écran comme Zoomtext ou Supernova. Pour les non-voyants, on s’orientera plus vers des logiciels de revue d’écran comme JAWS ou NVDA. Logiciels qui offrent une vocalisation complète tout en étant compatibles avec un afficheur braille.

Réglages pointeur de la souris

Sous Windows et Mac, il est possible de modifier la couleur et la taille du pointeur de la souris (flèche) ainsi que sa forme. Une gamme plus large de tailles et de couleurs et différents effets améliorant la visibilité peuvent être obtenus avec les logiciels dédiés aux personnes malvoyantes.

Le positionnement correct de l’écran

En principe, l’écran doit être placé de sorte que sa ligne supérieure ne soit pas au-dessus du niveau des yeux. Un positionnement qui oriente le regard vers le bas tient compte du réflexe d’accommodation de l’œil et réduit la fatigue oculaire. Un autre avantage de cette position est que la paupière couvre une plus grande partie de l’œil, ce qui empêche la cornée de se dessécher. Il faudra aussi être vigilant à la position dorsale, car les malvoyants ont tendance à rapprocher leurs yeux de l’écran. Ce qui a pour conséquences de créer des douleurs lombaires ou cervicales. Les bras articulés pour écrans sont des solutions efficaces pour améliorer la posture.

Optez pour un clavier à gros caractères

Un clavier à gros caractères permet de mieux distinguer les touches. Certains modèles proposent même des versions en couleur (par exemple caractères jaunes sur fond noir), ce qui peut aider les personnes sensibles au contraste entre le texte et le fond. Une autre solution, plutôt destinées aux ordinateurs portables, est de coller sur le clavier actuel des autocollants permettant d’obtenir ces caractères de plus grande taille.

Proposez une loupe électronique, un téléagrandisseur ou un vidéoagrandisseur

Grâce à ces appareils, tout support imprimé capturé par la caméra, comme un courrier ou une facture, sera affiché en plus grand et plus contrasté sur l’écran. Ils permettent donc la lecture, l’écriture et la vision de loin (en salle de réunion). Pour garantir une image claire et de haute résolution, il faut veiller à ce que le lecteur soit équipé de la technologie HD, d’un autofocus performant et d’une large gamme de grossissements.

Il faut aussi être vigilant à l’encombrement de l’aide technique sur un poste de travail, ainsi que les éventuels besoins de mobilité.

Pensez à l’éclairage

Les personnes malvoyantes sont souvent sensibles à la lumière. On parle alors de photophobie. Pour y remédier, ne nombreuses solutions existent. Pour l’éclairage ambiant on privilégiera un lampadaire, et pour le bureau une lampe basse vision.

Pour le poste de travail d’une personne malvoyante les éclairages les plus adaptés sont ceux dont on peu régler l’intensité de la luminosité et la température de couleur. On parle alors de lampe basse vision.

Impliquer les collègues

La désinformation largement répandue sur les questions de handicap peut amener les collègues à faire des commentaires qui, même s’ils partent d’une bonne intention, sont insensibles, voire déplacés. C’est pourquoi il est utile d’informer vos employés actuels, peut-être par le biais d’une session de sensibilisation à la déficience visuelle.

Il est également essentiel que les salariés comprennent que le handicap ne définit pas leur nouveau collègue. Celui-ci a été embauché sur la base de ses compétences, il n’y a donc aucun doute sur sa capacité à effectuer le travail qui lui est confié. Une façon efficace d’aider les autres à recadrer leur façon de penser est d’encourager une approche et un langage centrés sur la personne. Votre nouveau collègue est « aveugle » ? Favorisez plutôt le terme de « personne ayant une déficience visuelle ». Ou, mieux encore, demandez-vous si son handicap visuel est pertinent dans la conversation. Si ce n’est pas le cas, n’y faites tout simplement pas allusion.

Déficients visuels, comment se faire aménager son poste de travail ?

On constate que de nombreux salariés déficients visuels n’osent pas faire de demande d’aménagement, de peur d’être stigmatisé ou d’entraîner un coût important pour la société. Dans les faits, les organismes comme l’AGEFIPH (pour le privé) et le FIPHFP (pour le public) contribuent financièrement à l’acquisition des aides techniques. Nous vous conseillons de vous rapprocher du référent handicap de votre organisation qui vous aiguillera.

L’option télétravail

Si cela est possible, et tant que cela n’interfère pas avec la productivité, les employés aveugles ou malvoyants devraient pouvoir demander à travailler depuis leur domicile. Pourquoi ne pas surprendre votre nouvel arrivant en lui soumettant vous-même cette proposition arrangeante ?

Qui peut réaliser l’étude d’aménagement de poste de travail d’un déficient visuel ?

L’aménagement d’un poste de travail pour un déficient visuel nécessite de nombreuses compétences, et ne consiste pas seulement à faire des aménagements ergonomiques, souvent réalisés par les ergonomes. Il convient d’étudier l’ensemble des besoins à couvrir, tout en prenant en compte les pathologies. L’étude d’aménagement de poste de travail est une compétence rare, qui nécessite des connaissances transverses (informatique, ergonomique, déficience visuelle, ensemble des aides techniques disponibles sur le marché, etc.). Les équipes de Cflou sont à votre disposition pour réaliser ces études d’aménagement de poste sur l’ensemble du territoire.

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