Conduire lorsqu’on est aveugle

C’est en Alsace qu’une association permet aux non-voyants de conduire une voiture au côté d’un instructeur formé et expérimenté.

Le concept :

C’est au sud de Colmar à Biltzheim avec Luc Constermans que malvoyants et aveugles peuvent s’entraîner sur un circuit automobile. Ce champion et pionner du handisport mécanique belge ayant perdu à 39 ans la vue, a fondé l’association « Les non-voyants et leurs drôles de machines » dont le but est d’organiser ce genre d’événement.

Un après l’autre ils se retrouvent à la place du conducteur du véhicule auto-école puis ensuite dans une voiture de circuit. Guidé par la voix d’un copilote voyant, ils doivent conduire sur une piste de 1,1km.

Ils ont formé en l’espace de 10 ans environs 400 stagiaires à la conduite.

Lutter contre l’isolement des déficients visuelles

En France sur 2 millions de mal et non-voyants  il n’y a que 5% qui osent sortir de chez eux et qui essayent d’avoir des activités. Handicap rime souvent avec isolement social hors  «Là est le drame, la réclusion, l’enfermement dans le handicap», dit Gérar Muller, Strasbourgeois de 67 ans, atteint de rétinite pigmentaire. Depuis une dizaine d’années cet homme réalise diverses expéditions, treks et randonnées cyclistes en France et à l’étranger. Il souhaite montrer et prouver que les non-voyant peuvent et doivent sortir de chez eux.

Il s’agit d’une expérience bénéfique pour ces personnes. «Ca rehausse la confiance et leur permet d’être acteur de l’estime de soi», énonce Luc Constermans. Cet ancien cadre commercial qui s’est reconstruit après l’accident a décroché en 2008 le record mondial pour un aveugle de vitesse automobile sur la base d’Istres en affichant 308,780 km/h au compteur d’une Lamborghini.

Une codification spécifique pour cette conduite

Pour cela il est nécessaire de mettre en place un langage spécifique. Les mains et les pouces doivent être de chaque côté du volant à «neuf heures quinze». Ensuite le copilote communique en temps réel les informations sous forme d’un core pour négocier au mieux les virages. «Droite cinq… droite dix… droite quinze… axe… gauche cinq, gauche dix… axe… 40 mètres…».

Les instructions se font plus rapides lorsque Christophe doit négocier un virage à droite, «droite cinq, droite 10». Le copilote reprend la main sur le volant pour replacer dans l’axe la voiture qui manque de sortir de la route.

Ce «langage dédié» a été imaginé par Luc Costermans. C’est comme ci le volant devenait le cadran d’une horloge. Axe signifie droit devant, droite 5 ou 10 ou quart ordonne de tourner le volant à 13h, 14h ou 15h. Pour commander le freinage, le copilote utilise un compte à rebours.
Plus loin Christophe pile à quelques centimètres d’un petit muret. Son copilote lui dit d’une voix calme «On va redémarrer lentement». Yanic Girault pilote amateur et copilote de non-voyants de 40 ans aime particulièrement ce moment de partage et de communion entre l’aveugle et le voyant.

One comment

  1. j’ai un enfant de cinq ans aveugle ,je cherche un parrain qui puisse m’accompagner à l’aider dans sa lutte contre son handicap.

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